mardi, juillet 25, 2017

CHASSEUR D'HISTOIRE PROVIDENTIELLES - 07.07.2017

 

Chers Amis et Chers Enfants,
L’enseignement n’est pas un métier facile. En effet, il n’est pas évident de se tenir en face d’une classe cinq ou six heures par jour, savoir se maîtriser tout en prodiguant à chaque élève la dose d’attention dont il a besoin.
Certaines personnes prétendent qu’un chauffeur ou un docteur manquant du sens des responsabilités peut porter atteinte aux individus dans leur corps, mais qu’un enseignant manquant de sensibilité peut tout simplement blesser les âmes qui lui sont confiées.
Ce qui est valable pour l’enseignant l’est tout autant, sinon plus, pour les parents qui dans -leur part prépondérante de l’éducation de leurs enfants- portent une lourde responsabilité dans leur manière de les aborder.
L’instruction des enfants par les enseignants, l’éducation par leurs parents, nécessitent une complémentarité d’action rigoureuse, sérieuse, attentive, ainsi que… beaucoup de prières.
Voici une histoire qui se déroule au début du siècle dernier.

La vie de Rav Mendel n’était pas facile lorsqu’il monta en Israël depuis Vilna et s’installa à Jérusalem où la pénurie et la pauvreté sévissaient durement.
Le Rav Mendel n’était plus jeune, il était le père de huit enfants et cherchait un travail quelconque afin de les nourrir.
Conseillé par l’un des grand rabbanims de Jérusalem, il se présenta au Talmud Torah « Chone Halakhot » où il fut, dès le premier entretien, embauché comme enseignant.
A partir de ce moment, puis pendant deux décennies sans interruption, il remplit sa tâche d’enseignant avec dévouement, bienveillance et réussite.
Il n’était donc pas étonnant qu’après vingt ans de loyaux services, le Rav Mendel soit convoqué dans le bureau du directeur pour se voir proposer de prendre sa succession.

Le Rav Mendel finit par accepter mais il trembla devant la responsabilité qui allait bientôt lui incomber.
Rav Mendel réussit fort bien dans ses nouvelles fonctions, mais son attitude interpella souvent ses élèves qui ne manquèrent pas d’interroger son propre fils à propos d’un sujet précis…
Le Rav se promenait toujours avec un carnet de poche prenant le temps bien souvent d’y consigner quelques mots.
Que notait-il ? Pourquoi ? Personne ne le savait.
Il y eut nombre de spéculations : le Rav y consignerait les farces des élèves pour s’en plaindre auprès de leur parents, y mentionnerait les noms de retardataires, et que sais-je encore ?

Lorsque le petit dernier du Rav Mendel, prénommé Chalom, fut interrogé par ses camarades, il ne sut jamais trop quoi répondre.
Un jour on lui suggéra de vérifier la chose, d’élucider le mystère, en consultant discrètement le fameux carnet.
Mais Chalom était un enfant très bien éduqué, conscient qu’un tel acte serait répréhensible.
En même temps, au rythme des sollicitations de ses camarades, sa curiosité prit une ampleur bientôt incontournable, Chalom en arriva à en rêver la nuit. À chaque fois dans ses songes, il se voyait dérober le carnet puis, au moment où il s’apprêtait à l’ouvrir, celui-ci disparaissait…
Un soir, en rentrant du Talmud Torah, son père posa son cartable à l’entrée de la cuisine et se dirigea vers la salle à manger pour le saluer… Avant de repartir vers sa chambre, le père disposa sur une table le carnet, notre carnet… Celui-ci, par miracle s’ouvrit, sans doute parce que juste avant il était plié dans les mains du Rav.
La curiosité dévorait Chalom. Il était même convaincu que cette fois il ne commettait aucune faute puisque le mystérieux carnet était sur la table, ouvert, et que la providence elle-même l’invitait à le consulter… Il se mit donc à lire.
« David COHEN porte une chemise déchirée depuis 3 jours… Les chaussures de Dan LEVY sont trouées… Simon n’a pas amené de goûter, l’enseignant Rav X est surendetté… etc, etc…
Chalom feuilleta le carnet et lut rapidement, page après page, les besoins concrets des élèves et des enseignants que son père notait pour combler leur manques.
Ainsi son père se préoccupait aussi bien des besoins spirituels des acteurs de son école, mais aussi de leurs besoins matériels.

Des années plus tard, lorsque le Rav Mendel quitta ce monde, Chalom dit la chose suivante durant son oraison funèbre : « Papa n’a pas demandé à être enterré avec son carnet, mais il l’aurait certainement souhaité. Car, à présent, dans ce monde de vérité, il est là pour attester de sa grandeur »
Courage et Chabbath Chalom.
GZ